Le devis commun
Le devis dit à tous les soumissionnaires quoi chiffrer. Il peut être rédigé par un ingénieur, un architecte ou un consultant en toiture. Sur un projet plus modeste, un gestionnaire peut le monter à partir d'un rapport d'inspection détaillé.
La rédaction du devis est l'étape qui pèse le plus dans la gestion des travaux de toiture. Le prix, le contrat et le règlement des désaccords en découlent.
Un devis utile précise :
- la surface et les sections visées, avec un plan,
- l'arrachage complet ou le recouvrement,
- la composition du nouveau toit, couche par couche, avec les épaisseurs,
- le traitement des drains, des parapets, des solins et des bases d'équipements,
- les exigences de l'arrondissement, dont la réflectance s'il y a lieu,
- les contraintes de l'immeuble : heures de travail, accès, zones sensibles,
- les garanties exigées et la durée maximale du chantier.
Les prix unitaires pour l'imprévu
On ne connaît pas l'état du pontage et de l'isolant avant d'arracher. Demandez à chaque soumissionnaire un prix unitaire pour les travaux qu'on ne peut pas mesurer d'avance, par exemple le remplacement d'une surface donnée de pontage ou d'isolant mouillé.
Vous comparez ainsi les soumissionnaires sur le prix de base et sur le prix des surprises.
La visite des lieux
Aucune soumission sérieuse ne se fait à partir de photos aériennes. Organisez une visite du toit pour les soumissionnaires, de préférence tous ensemble. Tout le monde voit alors les mêmes conditions : l'accès, la hauteur, l'espace pour la grue, l'état des relevés.
Notez les questions et envoyez les réponses par écrit à tous, le même jour. Si une réponse change le devis, émettez une correction écrite.
Les critères autres que le prix
Annoncez vos critères dans l'appel d'offres.
- La licence. Tout entrepreneur doit détenir une licence de la Régie du bâtiment du Québec. Demandez-nous notre numéro, comme à chaque soumissionnaire, et vérifiez-le dans le registre public de la RBQ.
- Les assurances. Une preuve d'assurance responsabilité en vigueur, exigée de chaque soumissionnaire.
- L'expérience comparable. Des projets de même taille, avec le même système, sur des immeubles occupés.
- Les références. Des gestionnaires que vous pouvez appeler, pour des travaux terminés depuis quelques années.
- L'équipe. Le nom du contremaître, sa présence sur place, le recours à des sous-traitants.
- Les garanties. Celle du fabricant et celle de la main-d'œuvre, avec leurs conditions.
Comparer les soumissions
Dressez une grille simple, une colonne par soumissionnaire, une rangée par élément du devis.
- Lisez les exclusions. Ce qui n'est pas inclus est souvent plus instructif que ce qui l'est.
- Vérifiez que chacun a chiffré le système demandé, et non un équivalent de son choix.
- Posez des questions sur un prix très inférieur aux autres. Le soumissionnaire a peut-être oublié un élément.
Questions fréquentes
Combien de soumissions faut-il demander ?
Demander trois soumissions est une pratique courante. Trois offres donnent un bon aperçu du marché sans alourdir l'analyse.
Peut-on laisser chaque couvreur proposer son propre système ?
Oui, chaque couvreur peut proposer son système, mais comme variante, en plus du prix demandé pour le système du devis. Vous gardez ainsi une base de comparaison commune, tout en profitant des idées de chacun.
Faut-il se méfier de la soumission la plus basse ?
Non, pas par principe. Il faut comprendre pourquoi cette soumission est plus basse. Si l'écart tient à une épaisseur réduite ou à une exclusion, le prix n'est plus comparable.