Ce qu'on appelle un toit plat
Selon la Ville de Montréal, un toit dont la pente est inférieure à 2:12, soit 16,7 %, est un toit plat ou à faible pente. À partir de 2:12, c'est un toit en pente.
Sur un toit en pente, l'eau descend vite et les bardeaux se chevauchent. Sur un toit plat, l'eau s'attarde. Le revêtement d'un toit plat doit être étanche d'un bord à l'autre.
Si votre toit coule en ce moment, lisez d'abord la page sur la réparation de toiture. Elle décrit les premiers gestes.
Où l'on trouve des toits plats à Montréal
Le toit plat est partout dans les quartiers centraux. Les duplex et les triplex en rangée du Plateau, de Rosemont, de Villeray, de Verdun, du Sud-Ouest et d'Hochelaga en sont presque tous coiffés.
On le retrouve aussi sur :
- les immeubles à logements, du petit bloc de six logements au grand immeuble locatif
- les bâtiments commerciaux et industriels, où les surfaces sont beaucoup plus grandes
Dans les quartiers de plex, les bâtiments se touchent et les cours sont petites. L'accès au chantier se fait souvent par la ruelle.
Les systèmes de couverture
Trois familles de revêtements couvrent presque tous les toits plats de la ville.
- La membrane élastomère. Elle compte deux couches de bitume modifié, dont une couche de finition couverte de granules. C'est le système le plus courant sur les plex. Une membrane élastomère dure de 25 à 35 ans, selon les fabricants et la qualité de la pose.
- L'asphalte et gravier. Ce système compte plusieurs épaisseurs de feutre et d'asphalte coulé à chaud, protégées par une couche de gravier. Beaucoup de vieux toits montréalais en sont encore couverts. Un toit d'asphalte et gravier dure de 15 à 25 ans.
- Les membranes monocouches, TPO et EPDM. Une membrane monocouche est une seule feuille de plastique ou de caoutchouc synthétique. Elle se pose surtout sur les grandes surfaces. Une membrane TPO ou EPDM dure de 20 à 30 ans.
Ce qu'il y a sous la membrane
Un toit plat est un empilement de couches. Le schéma les montre, du pontage de bois jusqu'à la membrane. Notre soumission dit lesquelles sont conservées et lesquelles sont remplacées.
- Le pontage. Le plancher de bois du toit, fixé sur les solives.
- Le pare-vapeur. Il arrête l'humidité qui monte du logement.
- L'isolant. Des panneaux rigides, parfois taillés en pente.
- Le panneau de support. La surface ferme sous la membrane.
- La membrane. Deux couches, dont une couche de finition couverte de granules.
- Le relevé. La membrane remonte sur le parapet, le muret au bord du toit.
- Le solin de métal. Il coiffe le parapet et rejette l'eau.
Où les problèmes commencent
Une membrane en bon état coule rarement en pleine surface. Les fuites d'un toit plat partent souvent des endroits où la membrane s'arrête, tourne ou se fait percer :
- le pied et le dessus des parapets, ces petits murs qui ceinturent le toit
- le pourtour du drain
- les évents de plomberie, les sorties de ventilation et les mâts électriques
- les puits de lumière et les trappes d'accès
- les ancrages d'une terrasse ou d'un garde-corps ajoutés après coup
Les éléments propres au toit plat montréalais
Les toits de plex portent souvent les mêmes éléments.
- Les parapets. Ils séparent souvent votre toit de celui du voisin. Si la maçonnerie du parapet est en mauvais état, faites-la regarder avant de poser une membrane neuve contre elle.
- Les puits de lumière. La membrane doit remonter sur leur cadre. Un puits de lumière âgé se remplace plus facilement pendant que le toit est ouvert.
- Les terrasses sur le toit. Elles reposent sur la membrane et la cachent. Il faut les démonter pour refaire le toit, puis les remettre sans percer ni écraser le nouveau revêtement.
- Les équipements mécaniques. Thermopompes, climatiseurs, ventilateurs et conduits sont posés sur des bases que la membrane doit contourner. Demandez-nous qui les débranche, les déplace et les remet en service.
Comment se déroule la réfection d'un toit plat
- La visite. Nous montons sur le toit, mesurons, puis examinons les détails et l'accès.
- La soumission et le permis. Vous comparez les offres, puis la demande de permis est déposée si votre arrondissement en exige un.
- La préparation. Conteneur, accès par la rue ou la ruelle, protection de la façade et du terrain, avis aux locataires et aux voisins.
- L'arrachage. Les vieilles couches sont enlevées par sections, pour que chaque partie ouverte soit refermée avant la fin de la journée.
- Le pontage. Les planches pourries sont remplacées.
- L'isolant et les pentes. Le pare-vapeur, l'isolant et le panneau de support sont posés, avec une pente vers le drain.
- La membrane et les relevés. Le revêtement couvre la surface, puis remonte sur les parapets et autour de chaque obstacle.
- Les finitions. Solins métalliques, drain et crépine, nettoyage du terrain, puis une dernière vérification du toit.
Permis et exigences de l'arrondissement
Les règles varient selon l'arrondissement, le type de bâtiment et la nature des travaux. Trois points reviennent souvent.
D'après les pages de la Ville de Montréal consultées le 3 octobre 2026, remplacer le revêtement d'un toit plat demande un permis dans la plupart des arrondissements. Les réparations mineures et l'entretien n'en demandent généralement pas.
Lors d'une réfection, la plupart des arrondissements exigent un toit blanc, un matériau réfléchissant ou un toit vert, pour réduire les îlots de chaleur. Le seuil d'indice de réflectance solaire exigé va de 56 à 82 selon l'arrondissement. Le détail par arrondissement se trouve dans les pages sous « Toit blanc ».
Les bâtiments et les secteurs à valeur patrimoniale ont des normes supplémentaires. Vérifiez auprès de votre arrondissement avant de signer un contrat.
Ce qui fait varier le prix
Le prix d'un toit plat varie selon :
- la surface et le nombre de détails à traiter (parapets, évents, puits de lumière)
- l'accès : hauteur du bâtiment, ruelle, place pour une grue ou un conteneur
- l'arrachage des vieilles couches et leur nombre
- l'état du pontage, qu'on ne voit qu'une fois le toit ouvert
- l'ajout d'isolant ou la correction des pentes
- le système choisi et les garanties demandées
Pour les immeubles de 1 à 5 logements, la Ville offre le programme RénoPlex. Les conditions se trouvent sur montreal.ca.
Ce qu'il faut demander dans une soumission de toit plat
Une soumission d'une seule ligne ne permet pas de comparer. Pour un toit plat, demandez-nous, comme à tout entrepreneur, un document qui précise :
- le système proposé et le nom complet du produit de finition, avec sa couleur
- ce qui est arraché et ce qui est conservé, couche par couche
- la façon dont le pontage à remplacer sera facturé
- le traitement des parapets, des solins, du drain et des puits de lumière
- les garanties du fabricant et de la main-d'œuvre, par écrit
- qui dépose la demande de permis
- notre numéro de licence
Au Québec, un entrepreneur en construction doit détenir une licence de la Régie du bâtiment du Québec. Le registre des détenteurs de licence est public sur le site de la RBQ.
Questions fréquentes
Quelle est la durée de vie d'un toit plat ?
Un toit plat dure de 15 à 35 ans selon le système. L'ordre de grandeur est de 25 à 35 ans pour une membrane élastomère, 15 à 25 ans pour l'asphalte et gravier et 20 à 30 ans pour le TPO et l'EPDM, selon les fabricants et la qualité de la pose. L'entretien du drain et des solins compte dans cette durée.
Faut-il un permis pour refaire un toit plat à Montréal ?
Oui, dans la plupart des arrondissements de Montréal, remplacer le revêtement d'un toit plat demande un permis. Les réparations mineures et l'entretien n'en demandent généralement pas. Le comptoir des permis de votre arrondissement donne la réponse pour votre adresse.
Peut-on réparer un toit plat au lieu de le refaire ?
Oui, un toit plat se répare quand le défaut est local et que le reste du toit est sain. La réfection s'impose quand les fuites se multiplient, que l'isolant est mouillé ou que la membrane arrive au bout de sa durée de vie.
Peut-on aménager une terrasse sur un toit plat ?
Une terrasse sur un toit plat demande deux vérifications. Un ingénieur doit confirmer que la structure peut porter la charge. La membrane doit être protégée des appuis de la terrasse. Une terrasse touche aussi aux règles d'urbanisme : parlez-en à votre arrondissement avant de commencer.
Quels sont les inconvénients d'un toit plat ?
Le principal inconvénient d'un toit plat est que l'eau s'y attarde au lieu de descendre vite comme sur un toit en pente. Le revêtement doit être étanche d'un bord à l'autre, et le drain doit rester dégagé. Les parapets, les évents et les puits de lumière sont autant d'endroits à surveiller. Une fuite peut voyager longtemps dans l'isolant avant de paraître au plafond.
Quel est le meilleur revêtement pour un toit plat ?
Aucun revêtement n'est le meilleur pour tous les toits plats. Le choix dépend de la surface, des détails du toit, du budget et des exigences de l'arrondissement. La membrane élastomère est le système le plus courant sur les plex de Montréal. Elle se façonne autour des parapets et des évents. Les membranes monocouches, TPO et EPDM, se posent surtout sur les grandes surfaces. Demandez-nous pourquoi nous proposons un système plutôt qu'un autre pour votre toit.
Est-ce qu'un toit plat est moins cher qu'un toit traditionnel ?
Non. Au pied carré, un toit plat coûte généralement plus cher à refaire qu'un toit en pente couvert de bardeaux d'asphalte, d'après les prix que des couvreurs affichent sur leurs sites. Une membrane de toit plat demande souvent plus de couches et plus de travail de détail autour des parapets et des drains.