Le chemin de l'eau
Le drainage repose sur trois éléments qui travaillent ensemble.
- Les pentes. Le toit est légèrement incliné vers le point de sortie. La pente vient de la charpente elle-même ou de panneaux d'isolant taillés en biseau.
- Le point de sortie. Un drain, un dalot ou une gouttière reçoit l'eau.
- La descente. Un tuyau mène l'eau jusqu'en bas du bâtiment.
Les types de drainage
Sur un toit plat à Montréal, on rencontre surtout le drain intérieur, le dalot et la gouttière de rive.
Le drain intérieur. C'est le montage classique des plex. Le toit forme une cuvette peu profonde, et un drain placé au point bas envoie l'eau dans une colonne qui descend à l'intérieur du bâtiment. Le tuyau passe dans la partie chauffée et risque moins de geler qu'une descente extérieure.
Le dalot. C'est une ouverture pratiquée dans le parapet, par laquelle l'eau sort vers une descente fixée au mur extérieur. Un dalot sert aussi parfois de trop-plein.
La gouttière de rive. Sur les toits à faible pente sans parapet d'un côté, l'eau coule vers un bord et tombe dans une gouttière ordinaire.
Le trop-plein
Un toit entouré de parapets est un bassin. Si le drain se bouche pendant un orage, l'eau monte.
Un trop-plein est une seconde sortie, placée un peu plus haut que la première. Cette sortie ne sert pas en temps normal. Le trop-plein évite que l'eau grimpe jusqu'au sommet des relevés de membrane si le drain principal ne suffit plus.
Quand l'eau ne part pas
Les suites d'un mauvais drainage arrivent dans un ordre assez prévisible.
- Les flaques. L'eau reste des jours après la pluie. La saleté s'y dépose et la membrane ne sèche plus à cet endroit.
- L'usure. Les granules se détachent, les joints restent mouillés, le gel et le dégel travaillent la surface.
- L'infiltration. L'eau finit par trouver un défaut. Une fois sous la membrane, elle imbibe l'isolant, qui n'isole plus et ne sèche pas.
- Le poids. L'eau est lourde. Une structure qui fléchit sous la charge creuse la cuvette, qui retient alors encore plus d'eau.
- Le débordement. Dans le pire des cas, l'eau passe par-dessus les relevés et entre directement dans les murs.
L'hiver montréalais
Le drainage est mis à l'épreuve entre décembre et avril. Un redoux fait fondre la neige. L'eau de fonte coule vers le drain et peut regeler en chemin si le froid revient.
La glace bouche alors le drain pendant que la neige continue de fondre, et le toit se remplit. Un drain dégagé à l'automne et un trop-plein libre limitent ce risque.
Les indices à surveiller
Vous n'avez pas besoin de monter sur le toit pour soupçonner un problème.
- une tache au plafond du dernier étage, proche du centre du bâtiment
- de l'eau qui coule le long d'un mur extérieur là où il n'y a pas de descente
- des traces blanches ou de la brique abîmée sous un parapet
Questions fréquentes
Est-il normal de voir de l'eau sur un toit plat après la pluie ?
Oui, il est normal de voir de l'eau sur un toit plat pendant un jour ou deux après la pluie. Un toit plat n'évacue pas l'eau aussi vite qu'un toit en pente. Une flaque encore présente plusieurs jours après une pluie, toujours au même endroit, n'est pas normale.
Où va l'eau de mon drain de toit ?
L'eau d'un drain de toit descend par une colonne, puis rejoint le réseau prévu pour le bâtiment. Les règles sur le raccordement et la gestion des eaux de pluie relèvent de la Ville. Si vous modifiez le drainage, vérifiez les exigences auprès de votre arrondissement.
Peut-on ajouter un drain à un toit existant ?
Oui, on peut ajouter un drain à un toit existant, mais ce n'est pas un petit travail. Il faut percer le toit, raccorder la membrane et faire passer un tuyau dans le bâtiment. Ce travail touche à la plomberie. L'ajout d'un drain se planifie mieux pendant une réfection.